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R E L A ON

ABRÉGÉE

D’UN VOYAGE

FAIT DANS L INTÉRIEUR

DE L’ AMÉRIQUE

MÉRIDIONALE,

Depuis la Côte de la Mer du Sud , jufqu’aux Côtes du Bréfil & de la Guyane,

en defcendam LA RIFIERE DES AMAZONES,

Par M. DE LA COND AMINE, de V Académie des Sciences,

Avec une Carte du Maeagnon,ou de ia Riviere des Amazones, levée parle même,

NOUVELLE ÉDITION

Augmentée de la Relation de VEmeuîe populaire de Cuença au Pérou ,

YuI^vx^^Lettre deM. Godin des O don ai contenant la Relation du Voyage de Madame^ Godin ^fon Epoufe^ ^c,

A MAESTRICHT,

Chez Jean-Edme Dufouii & Philippe Roux» Imprimeurs-Libraires , affbciés.

M. DCC. LXXVIIL

Q

Extrait des Regîjlres de Académie Royale des Scietices y du I^ovembre

JE certifie que dans le courant de la préfente année , M. de la Condamine A lu à 1 Academie ^ La Relation abrégée a un Voyage y dans l'intérieur de l'AmérL que Méridionale , & que le Comité de FA- cadémie a jugé cet Ouvrage digne de Fimprelîion , & a confenti que je lui en délivraffe le préfent certificat. A Paris ^ 7 Novembre 1745.

G R A N D-J EAN DE FOUCHY^ Secrétaire perpétuel de l'Académie Royale des Sciences^

\

Digitized by the Internet Archive in 2016

https://archive.org/details/relationabregeedOOIaco

P R É F A CE,

jp Erfonne n’ignore que depuis JL dix ans, plufieurs Agronomes ae 1 Academie ont été envoyés par ordre du Roi Tous J’Equateur &au Cercle Polaire, pour y me- surer les degrés terre/lres,^tan- dis que d’autres Académiciens aifoient en France les memes operations.

Sous un autre régné, tous ces voyages avec l’appareil & J. nombre d’Obfervateurs qu’ils Ex.geo.ent , n’auroient pu êtr^ que le fruit d’une longu'e pak

Souscelu. deLouisXV,ikont’

ete conçus &heureufementex".

cutes pendant le cours de deux langlantes guerres; & tandis que

ij P R É F A C E.

les armées du Roi voioient dun bout à l’autre de l’Europe , pour le fecours de fes Allies , Tes Ma- thématiciens difperfés fur la lur- face de la Terre, travailloient fous les Zones Torride & Gla- cée , au progrès des Sciences^oc à l’avantage commun des Ma- tions. .

Ils ont rapporté , pour Iruit

de leurs travaux , la décifion d u- ne queftion célébré ; décifion dont la Géographie , I Aftrono mie, la Phyfique générale & la Navigation partagent 1 utilité. Ils ont éclairci un doute la vie des hommes étoit intéreffée. Ces motifs mérltoient qu’on prît tou- tes les peines qu’il en a coûte , pour venir à bout de cette en- treprife : l’Académie ne l’avoit

/«ettre la derniere main. ^ ces

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celui qui traverfe A ^ il

Poleà^w/î:^?-„‘'“

vel arment, pour ne pas Te

une demonftration nouv'èlfe ^

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^Sy«éu,ecé,efte\e;ra“dï

Academicrens .tant fur la mefure

ctfe^5-'“Hese.périr

& fai,/ " Perfeaionnées,

faites avec ,a„, de pe^eifon

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îv Préface. à différentes Latitudes , répand une nouvelle lumière fur la théo- rie de la’ pefanteur, qui de nos jours a commence a fortir des te- nebres. Il enrichit la Phyliquc générale, de nouveaux problè- mes jufqu’à préfent infolubles , fur les quantités & les direâions de la' gravité dans les differents lieux de la Terre. Enfin , il nous met fur la voie de découvertes encore plus importantes , com- me celle de la nature & des loix véritables de la pefanteur uni- verfelle , cette force qui anime les corps céleftes, & qui régit tout dans l’Univers ?

Les erreurs que la connoiffan- ce de la figure de la Terre peut faire éviter aux Navigateurs, font- elles moins des erreurs , parce

ace.

V

P R É F

qu’ii en refie d’autres qui font juiquici fans remede ? Non fans doute. Plus l’art de la Naviga- tion fe prfeôionnera, plus on lentira l’utilité de la détermina- tion de la figure de la Terre, i eut-etre touchons-nous au mo- ment où cette utilité fera fenfi- hlement apperçue des Marins. Mais en eft - elle moins réelle , quand ce moment feroit encore éloigné Il efl du moins certain que plus on a eu de raifons de douter fi la Terre étoit allongée ou applatie,plus il étoit impor- tant meme pour les conféquen- ces de pratique , de favoir à quoi

s en tenir par des mefures déci- lives.

Le premier projetté , & le dernier terminé des trois voja-

<2

vj Préface.

ges qui ont eu dans ces derniers temps la mefure des degrés ter- reftres pour objet, efl: celui de l’Equateur , entrepris en 1735 par M. Godin , M. Bouguer , & par moi. Le Public a été infor- mé depuis plulieurs années (a) du fuccès des travaux des Aca- démiciens qui ont opéré fous le Cercle Polaire & dans nos Cli- mats; &M. Bouguer, arrivé plu- tôt que moi en France , a rendu compte à l’Aflemblée publique de l’Académie , du 1 4 Novem- bre 1744 , du réfultat de nos obfervations fous la Ligne Equi- noxiale , & de l’accord qui fe trouve entre ce réfultat, celui du

(^) Voyez le Liv. de la fig. de la Terre de M. de Maupertuis , ÔL celwi de Ira Méridienne de M. CaiBni de Thury.

Préface. vi)

Nord & celui de France , dont chacun comparé à l’un des deux > autres , prouve rapplatilTemenf de la Terre vers les Pôles.

Un plus grand détail eft ré- fervé pour Ihijlolre de notre me- Jlire delà Terre ; c’ed-à-dire , de nos obfervations Agronomiques & de nos opérations trigonomé- triques dans la Province de Qui- to en l’Amérique Méridionale; ouvrage dont nous fommes comp- tables à l’Académie & au Public , puifque c’efl: pour ce travail que nous avons été envoyés.

La queftion de la figure de la Terre étant terminée, & la curiofité du Public ralentie fur cet objet, je crus l’intérelîér da- vantage à l’Affemblée publique du z6 Avril dernier , par une

a IV

viij Préface.

Relation abrégée de mon voya- ge de la Riviere des Amazones , que j’ai defcendue depuis le lieu elle commence à être navi- gable jufqu’à fon embouchure , & que j’ai parcourue dans une étendue de plus de mille lieues; mais l’abondance des matières ne m’ayant pas permis de me ren- fermer dans les bornes prefcrites à ma leâure , qui fe trouvèrent encore refferrées , je fus obligé de faire de nouveaux retranche- ments à mefure que je lifois ; ce qui interrompit néceffairement l’ordre & la fuite de mon pre- mier Extrait. Je le fais paroître aujourd’hui fous la même forme que je lui avois donnée d’abord.

Pour ne point tromper l’at- tente de ceux qui ne cherchent

IX

Préface.

dans une Relation de voyage que des événements extraordinaires ^ & des peintures agréables de mœurs étrangères & de coutumes inconnues je dois les avertir qu ils ne trouveront dans celle- ci que peu de quoi fe fatisfaire. Je n y ai pas eu la liberté de pro- inener le Lefteur indifféremment fur tous les objets propres à flat- ter fa curiofîté. Un journal hif^ torique que j ai écrit aflîduement pendant dix ans ^ m’auroit peut- être pu fournir les matériaux né- cefîaires pour cet effet j mais ce n etoit ni le lieu , ni le moment de les mettre en œuvre. Il étolt quefHon de la Carte que j’avols levee du cours d’un fleuve qui traverfe de vaftes pays prefqu’im connus a nos Géographes. Il s’a-

X Préface.

giflbit d’en donner une idée dans un Mémoire deiliné à être lu à l’Académie des Sciences. Dans une pareille Relation, je de- vois moins fonger à amufer qu’à inltruire, tout ce qui n’eût pas appartenu à la Géographie , à l’ Af- tronomie ou à la Phyfique , ne pouvoir manquer de paroître une digreffion qui m’éloignoit de mon objet; mais aufli il n’étoit pas jufte d’abufer de la patience du plus grand nombre de ceux qui compofoient l’affemblée publi- que , par une lide de noms bar- bares de nations & de rivières, & par un journal de hauteurs du Soleil & d’Etoiles , de Latitudes & de Longitudes , de mefures , de routes , de diftances , de fon- des, de variations de la BoulTo-

Préface. xj

îe, d’expériences du Baromètre, &c. C’étoit-là cependant le fond le plus riche, & ce qui faifoit le plus grand mérite de ma Re- lation ; c’étoit du moins la feule chofe qui pût la difHnguer d’un voyage ordinaire. J’ai tâché de prendre un milieu entre ces deux extrémités. J’ai renvoyé tout le détail de la partie aftronomique & géométrique aux Mémoires de l’Académie , ou au Recueil de nos Obfervatlons , qui en doit être une fuite. Je n’en donne ici que les principaux réfultats , & la pofition des lieux les plus re- marquables , en fuivant l’ordre de la narration. J’ai traité avec quel- que étendue le point des Ama- zones Américaines, parce qu’il m’a femblé qu’on avoit droit de

xij Préface.

l’attendre de moi. J’ai mêlé aux remarques de Phyfique & d’Hiif- îoire Naturelle quelques faits hif- toriques , quand ils ne m’ont pas trop écarté de mon fujet. Je ne pouvois , fans l’abandonner en- tièrement , éviter d’entrer dans quelques difcuffions Géographi- ques , qui J étoient intimement liées. Telle eft celle de la com- munication de la Riviere des Ama- zones avec rOrénoque, ancien- nement établie , enfuite niée , & enfin nouvellement conftatée par des témoignages décififs. Telles font les recherches de la fitua- tion du Village de l’Or & de la borne plantée parTexeira, celle du Lac Parime, & de la Ville de Manoa , celle de la Riviere de Vincent Pinçon, &c. Chacun de

Préface. xiij

cés articles m’eût pu fournir le fujcî d’une DilTertation. Je ne les ai traités qu’en paffant , fâ- chant combien peu de Leâeurs font curieux de ces fortes de dé- tails, quoique utiles & Intérd- fants pour ceux qui aiment ce genre d’étude, La précaution que j’ai prife de luettre des titres en marge , donnera à chacun la fa- cilité de choihr les matières qui feront le plus de fon goût.

La petite Carte du cours de l’Amazone qui accompagne cette Relation , fuffira pour fixer l’ima; gination du Leâeur, en atten- dant que j’en puilTe donner une plus grande & plus détaillée dans nos Mémoires , je rendrai compte des moyens que j’ai em- ployés pour la Gonftruire ; mais

/

XIV Préface.

cette derniere ne paroîtra que longue je lui aurai donné le de- gré de précifion que je puis lui procurer, en réduifant tous mes calculs de routes & de diftances , & les corrigeant par mes obfer- vations Agronomiques. C’eft ce que je ne pourrois faire qu’im- parfaitement aujourd’hui, man- quant encore d’obfervations de Longitude faites fous quelque Méridien connu , pour fuppléer à celles qui n’ont pu être faites à Paris, en correfpondance des miennes dans divers lieux de ma route.

J’ai joint au cours de l’Ama- zone la Topographie de la Pro- vince de Quito,prifedela Carte des triangles de notre Méridien- ne. J’ai tiré la defcription desCô-

XV

P B. É F A C E.

tes de la même Province, la route de Quito à Lima , & celle de Quito à Popayan , de mes voyages particuliers & de ceux de M. Bouguer. Le relie de la Carte a été extrait de divers Mé- moires, Journaux & notes , qui m’ont été communiqués dans le pays par divers Miffionnaires ou Voyageurs intelligents. M. Dan- ville , Géographe du Roi , dont l’habileté ell connue , m’a été d’un grand fecours, pour rédiger & combiner ces matériaux épars, & en enrichir ma Carte.

J’ai fuivi les orthographes Ef- pagnole & Portugaife à l’égard des noms de ces deux Langues , & même des noms Indiens des pays fournis à la domination de ces deux Couronnes. J’ai voulu

xvj Préface.

par-là éviter l’inconvénient de les rendre méconnoiffables dans les Auteurs originaux.

RELATION

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CAKTR du Cours df M ARAGN O N ou de ea granoe RiVIERE DES AmAZONES

Banssapuràenmnt/dhUi.ÙY>uirJdRjitleBracRurwrw/usipiao'i.viErTtIhyuc/iureettfmcc'ni^nemHaPr{n^ti'ei{c(linro,ctlaCote(lc la Guiank iùpms le C<tp de Kord /u.upt à ^ I^evce en 1-^43 et 1744 afi'ujettie araOl>i'er\'a(ioiis-\ltrononuques])ârJVi.DEl^CoNDAAnNE Je Lie des tlV Auçtru'/tke du ùniAî d ltiRnncrcN<rtrc etd auf/es dehuùtù-dx de dtoerj- Mémoires etRouhcrs ma/UAreriB de Toyat/eurs modemes

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RELATION

ABRÉGÉE

D’UN VOYAGE

FAIT DANS V INTÉRIEUR

DE L’AMÉRIQUE MÉRIDIONALE,

Depuis la Cote de la Mer du Sud ^ juf que s aux Côtes du Bréjil & de la Guiane , en defcendant la Rivierè DES Amazones ; lue à la rentrée publique de l' A-- cadémie des Sciences , le 28 Avril 174^ , par M DE LA CONDAMINE^ de la même Académie,

La fin de Mars 1743 , après avoir paffé fîx mois dans un défert, à Tarqui près de Cuenca au Pérou, occupé nuit & jour à lutter contre un ciel peu favorable à l’Aflro- nomie , je reçus avis de M. B ouguer ^ qu’il avoir fait auprès de Quito , à i’ex-

A

2 Riviere

trémité feptentrionale de notre Méri- dienne , diverfes obfervations d"une Etoile entre nos deux Zéniths , plu- fleurs des mêmes nuits que je Tavois obfervée de mon côté à Textrémité aus- trale de la même ligne* Par ces obfer- vations fimultanées , fur l’importancel defquellesj’avois fortinfifté, nous avions acquis l’avantage fingulier de pouvoir conclure direftement & fans aucune hypothefe, la vraie amplitude d’un Arc de trois degrés du Méridien ^ dont la longueur nous étoit connue géométri-^ quement , & de tirer cette conclufion , fans avoir rien à craindre des varia- tions , foit optiques , foit réelles , mê- me inconnues dans les mouvements de l’Etoile 5 puifqu’elle avoit été faifie dans le même inftant par les deux obferva- teurs aux deux extrémités de l’arc. M. Bouguer^ de retour en Europe quelques mois avant moi , a fait part de notre réfultat à notre derniere affemblée pu-

des Ama:^oneSé

%

blique. Ce réïlikaî s’accorde avec ce- lui des opérations faites fous le Cercle Polaire (a). Il ne s’accorde pas moins avec les dernieres , exécutées en Fratif- ce , {b) & toutes confpirent à faire de la terre un Sphéroïde applati vers les Pôles. Partis au mois d’Avril 1735 , un an avant les Académiciens envoyés vers le Nord , nous femmes arrivés fept ans trop tard , pour apprendre à l’Europe quelque chofe de nouveau fur la Figure de la Terre, Depuis ce temps , ce fujet a été remanié par tant d’habiles mains , que j efpere qu’on me faura gré de ren« .voyer aux Métocoires df^ l’Académie, le détail de mes obfervations particulier res fur cette matière , en renonçant au

La Ter- re appJatie vers les Po- lese

\

(4) Par Mrs. de Maupertuîs^ Clair aut , Camus &L .Mo/mkr 3 de cette Académie, par Mr. PAbbé Ou-^ thier 3 Correfpondant de l’Académie, & M. Celfms Profeffeur d’ Agronomie à UpfaL - (^) Par Mrs. CaJJini de Thury , 6c PAbbé de la

CaUU,

A ii

Autres travaux des Acadéiîîi- c-iens.

4 la Rivière

droit trop bien acquis que j’aurois d’en entretenir aujourd’hui cette Aflemblée.

Je ne m’arrêterai pas non plus à faire ici la relation des autres travaux aca- démiques , indépendants de la mefure de la Terre , auxquels nous nous fom mes li- vrés , tant en commun qu’en particu- lier y foit dans notre route d’Europe en Amérique , dans les endroits ovl nous avons féjourné , foit après notre arri- vée dans la Province de Quito ^ pen- dant !es intervalles fréquents, caufés par des obftacles de toute efpece, qui n’ont que trop fouvent retardé le progrès de nos opérations. Il me faudroit pour cela faire un Extrait d’un grand nombre de Mémoires envoyés à l’Académie depuis fept ou huit ans y dont les uns ne font pas même arrivés en France, & dont la plupait des autres n’ont pas encore pa- ru 5 même par extrait , dans nos Re- cueils. Je ne parlerai donc point ici de nos déterminations allronomiques ou

des Amazones, ^

géométriques de la latitude & de la longitude d un grand nombre de lieux j de l’obfervation des deux Soiftices de Décembre 1736, & de Juin 1737, & de 1 Obliquité de V Ecliptique qui en ré- fulte ; de nos expériences fur le Ther- momètre & le Baromètre, fur la dé- clinaifon & l’inclinaifon de l’Aiguille aimantée, fur la vîteffe du Son° fur l’AttraéHon Newtonienne , fur la lon- gueur du Pendule dans la Province de Quito, à diverfes élévations au-deffus du niveau de la mer , fur la dilatation & la condenfation des métaux, ni des Voyages deux voyages que j’ai faits , l’un en 1736 , de la cote de la mer du Sud à Quito , en remontant la riviere des Emeraudes} l’autre en 1737, de Quito à Lima,

Enfin , je me difpenferai de faire ici Ihilloire des deux Pyram.ides que j’ai Pyramides fait ériger pour fixer à perpétuité les deux termes de la balè fondamentale

A iij

è Voyage de la Pdvlere

de toutes nos mefures , & prévenir par- les inconvénients qu’on n’a que trop éprouvés en France , faute d’une pa- reille précaution , quand on a voulu vérifier la bafe de M. Picard. LInf cnption projettée avant notre départ a t Académie des B elles -Lettres , & depuis pojée fur ces Pyramides , avec les chan- gements que les circonftances du temps & du lieu ont exigées, fut dénoncée par les deux Lieutenants de V aijf eau du Roi d^ EJpagne , nos adjoints , comme inju^ rieuje à fa MajeJlé Catholique ^ Ù à la nation Efpagnole. P ai foutenu pendant deux ans le procès intenté à moi perfon- nellement à ce fujet , & je C ai enfin ga- gné contradicloirement au Parlement me- tne de Quito. Ce qui s’eft paffé en cette rencontre , & divers autres événements intéreffants de notre voyage , que la diilance des lieux a fort défigurés dans les récits qui en font parvenus ici , font plutôt la matière d une relation hiftori-

des Ama:{ones. J

^qtie , que d’un Mémoire Académique^ Je me bornerai dans celui-ci à ce qui concerne mon retour en Europe.

Pour multiplier les occafions d’obfer- ver , nous étions convenus depuis long- temps M, Godin^ M, Bouguer moi, de revenir par des routes différentes. Je me déterminai à en choifir une prefque ignorée , & que j’étois fûr que perfonne ne m’envieroit j c’étoit celle de la Ri* viere des Amazones , qui traverfe tout le Continent de X Amérique Méridionale , d'Occident en Orient , & qui paffe avec raifon pour la plus grande riviere du monde. Je me propofois de rendre ce voyage utile , en levant une Carte -de ce fleuve , & en recueillant les ob- fervations en tout genre que j’aurois occafion de faire dans un pays fl peu connu. Celles qui concernent les mœurs & les coutumes flngulieres des diver- fes nations qui habitent fes bords, fe* roient beaucoup plus propres à piquer

A iv

Projet du retour par la Riviere des Ama- zones.

8 Rivière

la curiofité du grand nombre de Lec- teurs j mais j’ai cru qu’en préfence d’un public 5 à qui le langage des Phyficiens & des Géomètres eft 'familier , il ne m’étoit guere permis de m’étendre fur des matières étrangères à l’objet de cette Académie : cependant, pour etre mieux entendu, je ne puis me difpen- fér de donner quelques notions préli- minaires au fujet de la Pciviere dont il fera ici queftion , & de fes premiers navigateurs.

Voyage On croit Communément que le pre- doreiiana. Européen qui a reconnu la Riviere

des Amazones , fut François cf O rellana. Il s’embarqua en 1539, aflez près de Quito , fur la riviere de Coca , qui plus bas prend le nom de Napo ; de celle- ci il tomba dans une autre plus gran- de, & fe laiffant aller fans autre gui- de que le courant , il arriva au Cap de Nord J fur la côte de la Guiane, après une navigation de 1800 lieues.

des Àmaiones, 9

fuivant fon eftime. Le même Orellana périt dix ans après, avec trois vaifleaux qui lui avoient été confiés en Efpagne , fans avoir pu retrouver la vraie embou- chure de fa riviere. La rencontre qu’il dit avoir faite en la defcendant , de quel- ques femmes armées , dont un Cacique Indien lui avoit dit de fe défier , la fit nommer Riviere des Ama:^ones. Quel- ques-uns lui ont donné le nom ÿ O relia- na ; mais avant Orellana , elle s’appel- loit déjà Maragnon , du nom d’un autre Capitaine EfpagnoL Les Géographes , qui ont fait de VAma:^one & du Mara- gnon deux rivières différentes , trompés comme Laet , par l’autorité de Gard- lajfo & à'Herrera , ignoroient fans doute que non-feulement les plus anciens Au- teurs Efpagnols (a) originaux appellent celle dont nous parlons ^ Maragnon , dès

(^) Voyez Pierre Martyr, Fernand, de Encifo, Fernandez de Oviedo, Pedro Cieça, AugufUn Za-

Divers noms de la Riviere des Amazones,

Voysgc

d’Uriba.

lo la Rivière

I an 15*3 rndîs (\\xOrdlana lui-même dit dans fa relation , qu’il rencontra les Amazones en delcendant l,e Maragnon ^ ce qui eft fans répliqué ; en effet , ce nom lui a toujours été confervé fans interruption jufqu’aujourd’hui ^ depuis plus de deux fiecles chez les Efpa- gnols , dans tout fon cours , & dès fa fource dans le haut Pérou. Cependant les Portugais établis, depuis 1616 au Para ^ ViWq Epifcopale, fituée vers l’em- bouchure la plus orientale de ce fieu- , ne le connoiffent que fous le nom de Riviere des Ama:^ones ^ & plus haut fous celui de Solimoës ^ & ils ont transféré le nom de Maragnon^ ou de Maranhaon dans leur idiome , à une Ville & à une Province entière , ou Capitainerie voifine de celle du Para„ J uferai indifféremment du nom de Ma* ragnon^ ou de Riviere des Ama^nes, En 1568, Pedro de U rfo a ^itVïYOyé parle VicC’Roi àuPérou^ pour chercher

des ^ Ama'^ones, 1 1

le fameux Lac d’or de Parime , & la ville dd Dorado y qu’on croyoit voifins des bords de V Amazone ^ fe rendit dans ce fleuve par une riviere qui vient du côté du Sud y & dont je ' parlerai en fon lieu. La fin A^Urjoa fut encore plus tragique que celle à'Orellana fon pré- décefleur. Urfoa périt par la main d A^ guirre , foldat rébelle , qui fe fit décla- rer Roi. Celui - ci defcendit enfuite la riviere j & après une longue route , qui n’efl: pas encore bien éclaircie , ayant porté en tous lieux le m,eurtre & le brigandage , il finit par être écartelé dans rifle de la Trinité.

De pareils voyages ne donnoient pas de grandes lumières fur le cours du fleuve ; quelques Gouverneurs particu- liers firent depuis , avec aufli peu de fiîccès , différentes tentatives. Les Por- tugais furent plus heureux que les Ef- pagnols.

En 1638, un fiecle après Oreliana, Voy.ge

de Texei-

ïii.

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Voyage de la Riviere

Pedro Texeira, envoyé par le Gouver- neur QU Para , à la tête d’un nombreux détachement de Portugais & d’indiens, rernonta l'Amar^one jufqu a l’embouchu- re du Napo , & enfuite le Napo même, qui le conduifit affez près de Q^uito , il le rendit par terre avec quelques Portu- gais de fa troupe. Il fut bien reçu des Ef- pagnols, les deux nations obéiffant alors au meme maître. Il retourna un an

A. pT|! chemin , ac-

cugaâ. " compagné des Peres SAcugna & d’ Ar-

neda , Jéfuites , nommés pour rendre compte à la Cour de Madrid des par- ticularités du voyage. Ils elHmerent le chemin depuis le hameau de Napo, lieu de leur embarquement, jufqu’au Parc. , de 1356 lieues Efpagnoles, qui valent plus de 1500 lieues marines & plus de 1900 de nos lieues communes. La relation de ce voyage fut imprimée à Madrid en 1640. La traduaion Fran- çoil'e, faite en 1682 , par M. de Gom-

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herville , eft entre les mains de tout le monde.

La Carte très-défeâueufe du cours Cartedeia de ce fleuVe par Sanfon^ dreffée lur cette relation purement hiflorique , a parSanfon. depuis été copiée par tous les Géogra- phes , faute de nouveaux mémoires , & nous n’en avons pas eu de meilleure jufqu’en 1717.

Alors parut pour la première fois en Carte cîu France , dans le dou2ieme tome des Lettres édifiantes , &c. une copie de la Carte gravée à Quito en 1707, & dref- fée dès r année 1690, par le Pere Sa- muel Fr fi , Jéfuite Allemand, Million- naire fur les bords du Maragnon , qu’il avoit parcouru dans toute fa longueur.

Par cette Carte , on apprit que le Na-- po , qui paflbit encore pour la vraie fource de YAma:^onej du temps du voya- ge du Pere éüAcugna , n’étoit qu’une riviere fubalterne , qui groffiffoit de fes eaux celle des Amazones ^ & que celle-

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ci , fous le nom de Maragnon , for toit d’un Lac près de Guanuco , à trente lieues de Lima, Du relie, le VexQFrit^ ^ fans Pendule & fans Lunette ^ n’a pu déterminer aucuiùi point, en longitude. Il n’avoit qu’un petit demi- cercle de bois , de trois pouces de rayon pour les latitudes; enfin , il étoit malade quand il defcendit le fleuve jufqu’au Para, II ne faut que lire fon Journal manufcrit, dont j’ai une copie {a) , pour voir que plusieurs obftacles , alors & à fon retour à fa miffion , ne lui permirent pas de faire les obfervations néceflfaires pour rendre fa Carte exafte, fur-tout vers la partie inférieure du fleuve. Cette Carte n’a été accompagnée que de quelques notes fur la même feuille , fans pref-

(il) Elle a été tirée fur l’Original dépofé dans les Archives du College de Quito , & m’a été commu- niquée par Dom Jofeph Pardo y Figueroa , Marquis de Valleumbrofo ^ aujourd’hui Corregidor de Cufco, bien connu dans la République des Lettres,

des Amazones, i j

qu€ aucun détail hiftorique ; en> forte qu’on ne fait aujourd’hui en Europe de ce qui concerne les pays traverfés par ïAma:^one , que ce qu’on en avoir ap- pris il y a plus d’un fiecle , par la rela- tion du Pere à'Acugna (a).

Le Maragnon^ après être forti du Lac il prend fon origine vers onze degrés de latitude Auftrale ; court au Nord jufqu’à Jaen de B racamoros , dans l’é- tendue de fix degrés : de - il prend fon cours vers l’Eft, prefque parallèle- ment à la ligne Equinoxiale, jufqu’au Cap de Nord ^ il entre dans l’O- céan fous l’Equateur même, après avoir parcouru, depuis/^m, il commence à être navigable, 30 degrés en longitu- de, ou 750 lieues communes, évaluées par les détours à 1000 ou 1100 lieues» Il reçoit du côté du Nord & du côté

Cours du Maragnon ou de la Ri- vière des Amazones.

(^z) L’Ouvrage intitulé : El Maragnon ô Amaionas , 1^84, n’êft qu’une compilation informe.

Chemins de Quito au Maragnon.

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du Sud, un nombre prodigieux de ri- vières, dont plulieurs ont cinq ou fix cents lieues de cours , & dont quel- ques-unes ne font pas inférieures au Danube & au Nil. Les bords du Ma- ragnon etoient encore peuplés , il y a un fiecle, d*un grand nombre de na- tions , qui fe font retirées dans l’intérieur des terres, auffi-îôt qu’ils ont vu les Eu- ropéens. On n’y rencontre aujourd’hui qu’un petit nombre de Bourgades de naturels du pays, récemment tirés de leurs bois , eux ou leurs peres , les uns par les Miffionnaires Efpagnols du haut fleuve , les autres par les Miffionnaires Portugais établis dans la partie infé- rieure.

Il y a trois chemins qui conduifent de la Province de Quito à celle de Maynas , qui donne fon nom aux Mif- fions Efpagnoles des bords du Mara- gnon, Ces trois chemins traverfent cette fameufe chaîne de montagnes , couver- tes

des Âmar^ones. jj

tes de neige , & connues fous le noiu de Cordelieres des Andes. Le premier Par Ar- prefque fous la ligne Equinoxiale, à l’Orient de Quito , palfe par Archido- na, & conduit au Napo. Ce fut le che- min que prit Texeira , à fon retour de Quito , & celui du Pere SAcugna. Le fécond eft par une gorge au pied du Par Ca- Volcan de Tonguragua , à un degré & demi de Latitude Auftraîe. Par cette route , on parvient à la Province de Canelos , en traverfant plufieurs tor- rents , dont la jonélioa fait la Riviere nommée Fajlaça , qui entre dans le Maragnon , cent cinquante lieues plus haut que le Napo. Ces deux chemins font ceuk que prennent ordinairement les Miffionnaires de Quito, les feuls Eu- ropéens qui fréquentent ces contrées , dont la communication avec la Provin- ce voifine de Quito eft prefque totale- rnent interrompue par la Corddiere, qui n’eft praticable que pendant quelques

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l8 Voyage de la Riviere

Parjaen. mois de l’année. Le troilîeme chemin ell par Jaen de Bracamoros , par cinq degrés & demi de Latitude Auftrale , oîi le Maragnon commence à porter bateau. Ce dernier eft le feul des trois l’on puiffe conduire des bêtes de charge & de monture , jufqu’au lieu de rembarquement. Par les deux au- tres, il y a plufieurs jours de marche à pied , & il faut tout faire porter fur les épaules des Indiens j cependant ce- lui-ci eft le moins fréquenté des trois , tant à caufe du long détour & des pluies continuelles , qui rendent les chemins prefque impraticables dans la plus belle faifon de l’année, que par la difficulté & le danger d’un détroit célébré , appellé le Pongo , que l’on trouve en fortant de la Cordeliere. Ce fut principalement pour connoître par moi-même ce paffage , dont on ne par- loir à Quito qu’avec une admiration mêlée de frayeur , & pour comprendre

des Amazones.

dans ma Carte toute l’étendue naviga- ble du fleuve , que je choifis cette der- niere route.

Je partis de Tarqui, terme auflral Oépart de notre Méridienne, à cinq lieues au S\ià àe Cuença ^ le ii Mai 1745. Dans mon voyage de Lima, en 1737, j’a- vois fuivi le chemin ordinaire de Cuen- ça à Loxa; cette fois j’en pris un dé- tourne , qui pafiTe par Zaruma , pour placer ce lieu fur ma Carte. Je courus quelque rifque en paflant à gué la gran- de riviere de Loi Jubones , fort crue alors , & toujours très-rapide; mais par ce danger, j’en évitai un plus grand (a) ,

(a) y ai depuis été informé que des gens apoftés par les auteurs ou complices de rafTafTinat du feu Sieur Seniergues, notre Chirurgien, m’attendoient fur grand chemin de Cuença à Loxa, Ils favoient que jemportois avec moi en Europe une copie authen- tique du procès criminel que j’avois fuivi contre eux en qualité d’exécuteur teftamentaire du défunt, & ils craignoient avec raifon que l’Arrêt de V Audience

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Zaruma,

Mines d’or abandon- nées.

20 V oyage de la Rlvîere

qui m’attendoit fur le grand chemin de Loxa.

D’une montagne je paffai fur la route de Zaruma , on voit Tumbe:^ , port de la mer du Sud , les Efpa- gnols firent leur première defcente, au-delà de la ligne , lors de la conquête du Pérou. C’eft proprement de ce point que j’ai commencé à m’éloigner de la mer du Sud , pour traverfer d’Occi- dent en Orient , tout le Continent de V Amérique Méridionale,

Zaruma^{ix\xé par 3 degrés 40 minu- tes de Latitude Auftrale , donne fon nom à une petite Province à l’Occi- dent de celle de Loxa. Laet^ tout exaft qu’il eft , n’en fait aucune mention dans fa defcription de Y Amérique. Ce lieu a eu autrefois quelque célébrité par fes mines , aujourd’hui prefque abandon-

ne Quito y rendu contre toutes les réglés, & plein de nullités, ne fût calTé Confeil d’Efpagne,

des Amazones. 2. i

nées. L’or en eft de bas aloi, & feule- ment de quatorze carats; il eft mêlé d’argent , & ne laifle pas d’être fort doux Ibus le marteau.

Je trouvai à Zaruma la hauteur du Hauteur du Baromètre de 24 pouces 2 lignes; on fait que cette hauteur ne varie pas dans la Zone Torride comme dans nos cli- mats. Nous avons éprouvé à Quito pen- dant des années entières , que fa plus grande différence ne paffe guere une ligne & demie. M. Godin a le pre- mier remarqué que fes variations, qui font à peu près d’une ligne en vingt- quatre heures, ont des alternatives af- fez régulières ; ce qui étant une fois connu , donne lieu de juger de la hau- teur moyenne du mercure, par une feu- le expérience. Toutes celles que nous avions faites fur les côtes de la mer du Sud , & celles que